M Désiré Matissen, au nom de la Commission administrative a prononcé le discours suivant.

« C’est une date des plus marquantes de notre histoire communale que celle de ce jour. Nous sommes enfin arrivés au but que nous poursuivons avec tant d’âpreté et c’est avec un sentiment de grande satisfaction que tous les collaborateurs se retrouvent pour fêter l’inauguration de cette institution si utile. Nous avons vu les communes voisines installer tour à tour des écoles industrielles et professionnelles et, chaque fois, le cœur navré, nous nous demandions : A quand notre heure ?. Elle est enfin venue, cette heure, si ardemment attendue grâce à l’activité incessante que les membres du bureau administratif est les conseillers communaux ont apportée dans la création de notre école industrielle. Cependant, ne nous faisons pas d’illusion. Notre tâche n’est pas terminée et nous ne voulons pas nous endormir dans le doux sentiment de la satisfaction du devoir accompli. Nous aurons à veiller à la viabilité et au succès de notre œuvre. Nous aurons aussi à seconder par nos encouragements le corps professoral sur le concours duquel nous comptons beaucoup pour la réalisation du but que nous voulons atteindre. Et vous, jeunes gens, accourus si nombreux à notre appel, travailleurs de l’avenir, nous vous avons réservé la part la plus belle. L’arbre est là, vigoureux, à la portée de vos aptitudes et vos intelligences pour en recueillir les beaux fruits. Ces fruits unis à la science industrielle, la technique et la pratique. C’est le trait d’union entre vous et l’ingénieur. C’est le canal par lequel il vous transmettra ses conceptions géniales et que vous saisirez pour les transformer en machines perfectionnées, en produits nouveaux. Nous irons encore soutenir notre vieille réputation sur les marchés étrangers. Ce sont les sciences commerciales qui vous donneront l’audace d’aller faire connaître au loin les productions de notre pays. Ce pays que nous aimons tant. Grand par la renommée de nos arts et de nos industries, petit par son territoire. Ne viendra-t-il pas un temps où, malheureusement, il ne pourra plus subvenir aux nécessités de l’existence de ses enfants ?

Armés du savoir que vos professeurs vous auront patiemment inculqués, vous ne craindrez pas d’aller en d’autres contrées concourir pacifiquement pour le droit de vivre. Messieurs, je ne puis terminer sans faire ressortir ici la part que revient au secrétaire du bureau administratif, Monsieur Poulain, dans le succès des travaux de constitution de notre école industrielle. Je crois être l’interprète de de tous en lui présentant  de chaleureuses félicitations.

(Source : Journal de Charleroi 25 octobre 1904)